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vendredi 12 septembre 2014

Quand on joue à Stuart

De Darwin à Devil's Marbles du 6 au 11 sept

Ce dimanche nous quittons Darwin et ses Ploum! Scratch ! Ploum! Scratch ! Frrrrrr !
Bravo pour l'imagination déployée il y avait vraiment de l'idée :-) Tous ces bruits sont ceux des sacs de glace que les clients achètent pour tenir au frais le picnic et surtout les bières du picnic ou le butin de la pêche (car on vous l'a déjà dit, l'australien adore pêcher). Ils sortent le sac de glace des frigos présents à côté des pompes, le jettent à terre pour briser la glace c'est le Ploum,  puis secoue le sac pour détacher les petits glaçons dans le sac c'est le Scratch,  puis ils rejettent le sac à terre face opposée c'est de nouveau un Ploum pour resecouer le sac Scratch et enfin verser la glace pilée dans la/les glacières c'est le Frrrrr final ! Et voilà !


Nous partons donc cap au sud sur la Stuart highway qui relie Darwin à Adélaïde en traversant le Top End et le Red centre.
Premier arrêt balades et campement dans le Litchfield park qui propose de nombreuses gorges,  cascades et piscines naturelles très appréciées des australiens de Darwin pendant la saison sèche.


Ce parc permet également d'observer une curiosité unique au monde. En effet, des termites magnétiques (espèce de termites repérées qu'en ce lieu) dressent un champs de termitières assez plates, comme des pierres tombales et qui donc ne ressemblent pas du tout aux termitieres cathédrales qu'on voit dans le bush depuis 8000 kms.



Les termites magnétiques ont comme une boussole en elles et elles orientent leurs termitières dans un axe nord/sud assurant ainsi une température constante au fil de la journée au sein de l'édifice. Des expériences scientifiques ont mis des termites sur un champ magnétique modifié et du coup elles ont réorienté leurs termitières. ..trop fort, non ?

Puis nous sommes redescendues jusqu'à Pine Creek qu'on avait traversé rapidement pour aller au Kakadu. C'est une petite bourgade de la longue liste des bourgades qui bordent la Stuart Highway et qui ont eu leur heure de gloire et de ruée vers l'or et autres minerais. Nous y avons visité un """"musée"""" du train

Une vieille gare, de vieux trains, on a une pensée pour ...?...André !
et fait la causette avec 2  vieux bien contents de voir des touristes. L'un d'entre eux nous a accueillies aux cris de Hey Albert ! quand il a su que nous étions françaises. Nous avons essayé d'en comprendre la raison mais sans succès si ce n'est qu'il faisait référence à un Albert situé près de Lille... pas faciles à comprendre les papys mais bien sympas ;-)

C'était le moment d'arriver à Katherine, de s'y attarder en visitant les grottes souterraines de Cutta Cutta (Fab adore les caves donc de temps en temps on y a droit !)

et aussi d'examiner la meilleure façon de découvrir les gorges de la Katherine river. Eh oui ! encore des gorges mais celles ci sont spéciales car elles sont au nombre de 13 qui se succèdent en dents de scie.



Deux solutions pour les apprécier : en bateau ou en hélicoptère. La rivière étant très basse en ce moment,  les bateaux ne remontent qu'une seule gorge. Nous avons pu alors, pour le prix du bateau, avoir l'hélico avec Jimmy aux commandes :-)


La Stuart Hwy porte le nom d'un certain John McDouall Stuart qui est le premier à avoir réussi la traversée sud/nord du territoire en 1862. Tout au long de sa traversée il repéra des lieux propices à l'installation du télégraphe, condition indispensable pour envisager le développement de ces territoires. Dès 1872, une ligne reliait Adélaïde à Darwin avec 11 stations télégraphiques.

Autant vous dire qu'aujourdhui, les bourgades qui ont une de ces vielles stations exploitent au maximum la veine touristique. Près de ces stations télégraphiques s'implantaient généralement des pubs avec bière et sur la partie du Top end de nombreuses bases militaires ont été implantées pendant la 2d guerre mondiale. Résultat, c'est une route parsemée d'occasions de voir un/e "Historic quelque chose". Et quand on a rien d'historic, on s'arrange pour attiser la curiosité de l'éventuel client.

Ainsi, en descendant on a pu passer près d'une base où il était rendu hommage à la panthère rose  (?)


ou bien encore à Daly waters où Stuart avait gravé le S de son nom sur un arbre encore visible aujourd'hui (enfin on présume que c'est le bon arbre)


et surtout où on peut faire un stop très sympa dans un des plus vieux pub de la route. Un peu comme au Bagdad cafe californien, les touristes y laissent une trace de leur passage sous toutes les formes : cartes de visites, slips ou soutifs signés,  billets de banque annotés....



En fin de journée,  c'est BBQ Beef ou barramundi avec plusieurs choix de bière et musique en live ! C'est extra :-)

Plus loin, à Mataranka,  l'attraction réside dans le fait qu'un célèbre roman australien "We of the Never Never" a été écrit en 1902 dans la bourgade par une certaine Jeannie Gunn et que le film tiré du bouquin a même été tourné à la ferme de Mataranka Homestead.


Cette ferme accueille aujourd'hui les campeurs et est située à 50m des bassins d'eau chaude de l'Elsey national park. Une occasion que nous n'avons pas manquée.


Et bien nous en a pris car la nuit venue nous avons eu la visite d'une maman wallaby avec son petit dans la poche.


La route continue avec à Terrant creek la visite d'un musée très intéressant sur l'installation des chercheurs d'or sur cette ville, très illustré en photographies, objets et témoignages.


Puis, les paysages défilent quand, tout d'un coup, on ne sait pour qui, pour quoi dans ce bush sans relief depuis 300 km, d'immenses billes de granit rougies par la terre s'empilent sur une zone qui ne fait pas plus de 2 km. Ce sont les billes du diable "Devil's Marbles"... et nous sommes impressionnées !






Précision concernant l'interview sur France bleu Loire océan

 101.8
C'est du 15 au 19 sept à 7h50 et à 17h15



mardi 9 septembre 2014

Quand on arrive en ville, la, la la !

Darwin du 3 au 6 septembre

Rouh la la ! comme dirait Fanny, on a tout d'un coup  ressenti un gros stress ! Quelques dizaines de kilometres après la sortie du Kakadu park nous sommes arrivées sur la Stuart Hwy et là il y avait des voitures à doubler,  des voitures et camions qui venaient en face, de belles portions de routes à 4 voies et tout d'un coup, à l'horizon, des buildings !

En haut à gauche les restes de la seule maison du vieux Darwin, en dessous les vieux quais,
En haut à droite le centre piétonnier et en dessous l'arrivée par le centre des affaires

Nous arrivions en ville, à Darwin 125 000 habitants et la grande ville la plus récente de toute l'Australie.  Non pas la plus récente d'un point de vue historique car elle a été fondée à la fin du 19e comme un paquet d'autres mais la plus récente en terme d'architecture.  En effet, Darwin à été la seule ville d'Australie à avoir subi les dommages de la 2d guerre mondiale avec 64 bombardements et donc pas mal de dégâts dans la ville mais, surtout, la ville à été complètement rasée dans la nuit de Noël 1974 après le passage du cyclone Tracy. La reconstruction s'est faite selon le schéma d'urbanisme d'avant cyclone mais les matériaux et techniques de construction ont été modernisés.  Une ville toute neuve, toute nickel !
Très franchement on a beaucoup aimé.  La ville n'est pas très très grande, reste à taille tout à fait humaine, est en bord de mer avec de jolies plages pour le picnic du week end, il y a tous les magasins dont on a besoin dans le cadre d'une vie urbaine. Des dizaines de nationalités sont installées ici, surtout asiatiques, indonésiennes etc...côtoyant les aborígenes Larrakia.
Beaucoup de jeunes australiens mais également des étrangers à cette période-ci de l'année en visa vacances-travail car de mai à fin août c'est la seule grande ville d'Australie où il fait beau et chaud. Mais en ce début septembre, certains commencent à redescendre vers Adélaïde, on est sur leur chemin. Qui dit jeunesse dit également beaucoup de terrasses de café et petits restau variés, avec musique et bière... bref, une ambiance bien sympa ! Nous, nous sommes lâchées dans un restau avec les sushis qui passent sur un tapis roulant devant nous et nous avons eu une petite pensée pour Gabrielle en se rappelant un dîner au restau japonais de l'île de Nantes....

Une ville avec des musées,  des galeries d'art et un Crocosaurus Cove ;-) Juste à côté du cinéma de plein air, ce sont des grands bassins dans lesquels sont "emprisonnés" (il faut bien appeler un chat un chat) les plus gros spécimens vivants de crocodiles d'eau salée. 4m,  5m,  6m ! Cela fait froid dans le dos ! Il y a également un bassin où sont élevés des bébés crocodiles dont la taille de 1,5m est déjà conséquente. On peut, contre 120$, être plongé dans les bassins des énormes crocodiles...enfin, on est dans une cage en plexiglas mais ce doit être quand même très impressionnant quand on voit comment le crocodile s'énerve autour de la cage !


Il y a également (attention Flo aux photos suivantes) un vivarium permettant de voir les reptiles australiens qu'on voit rarement dans le bush car ce sont souvent des animaux nocturnes. Ils sont bien jolis tous ces serpents, (même pas peur j'en ai pris un dans les bras) et tous ces lézards et autres iguanes.


Il y en a un à collerette que nous n'avons pas vu énervé (c'est le joli bleu vert accroché à son arbre) donc je vous mets la photo d'un spécimen empaillé pour que vous voyez comment il se dresse sur ses pattes arrières et déploie sa collerette pour impressionner l'adversaire.

En bas à gauche la tortue à long cou
En bas à droite le joli bleu vert à collerette


Nous avons ensuite atterri dans une épicerie-fastfood asiatique-pub-cybercafé où nous avons trouvé de l'internet suffisant pour faire du Skype. Nous étions vendredi et décalage horaire oblige la plupart d'entre vous travaillait...nous avons laissé quelques vidéos et nous avons répondu à un interview de France bleu Loire océan qui nous avait contactées par émail il y a quelques jours.
Tous les jours à 7h50 et en fin d'après midi vers 17h je crois, une séquence est consacrée aux nantais qui s'expatrient ou sont comme nous en grand voyage. L'interview sera diffusé en séquences de 2 mn tous les jours d'une semaine, celle du 21 septembre. J'espère que je n'ai pas raconté trop de bêtises,  c'est pas facile comme exercice surtout pour une bavarde comme moi ! D'habitude, dans le cadre de mon boulot, c'était plutôt moi qui interviewais les autres ;-) je ne sais pas si j'arriverai à écouter en podcast,  si jamais certains d'entre vous arrivent à suivre ces séquences vous me direz ?

Sinon, le dimanche à Darwin comme dans toutes les villes traversées depuis notre arrivée,  il y a un bruit qui se répète dans toutes les stations service particulièrement ce jour là, cela fait quelque chose comme : Ploum! Scratch ! Ploum! Scratch ! Frrrrrr ! Allez, c'est le jeu de la semaine et au gagnant(e) le droit de nous lancer un défi à réaliser avant notre départ d'Australie !
Nous ce dimanche on n'a pas fait Ploum! Scratch ! Ploum! Scratch ! Frrrrrr ! nous sommes allées au musée des arts aborígenes et c'était super beau et intéressant. On y a vu des oeuvres réalisées sur toiles ou arbrepapier par des aborígenes depuis une centaines d'années, mais également des objets rituels anciens décorés selon les traditions des différentes communautés,  des explications sur les instruments de musique et le fameux didgeridoo (genre cor des alpes aborigene) dont je vous laisse apprécier le son, sur les différents procédés de tissages etc...





Le soir, nous avons rejoint le quai qui s'avance en mer, sur lequel une multitude de petites boutiques vous proposent des fruits de mer ou des spécialités asiatiques ou des fish and chips etc...on va acheter son assiette et ensuite on s'assoie à une des dizaines de tables installées sur le quai. C'est très sympa : on a le choix de la vue sur la mer ou la vue sur la ville !

.

Ce qui a été moins sympa, c'est que me croyant en terrain civilisé et aseptisé de la ville j'ai baissé ma garde de fin de journée puisqu'il n'y avait pas de mouche. Donc, filet de tête et manches longues et pantalon long oubliés. Quelle erreur ! Ce n'est pas connaître les ravages provoqués par les mitges ou mieux connues sous le nom de Sand fly qui sont des moucherons quasi invisibles, qui naviguent par nuées invisibles elles aussi et s'abattent à la tombée ou au lever du jour sur toute chaire fraîche qui se présente. Résultat : une bonne centaine de piqûres sur les bras et le mollets qui n'apparaissent pas immédiatement et qui d'ailleurs se font sentir très douloureusement avant même d'être vues. Je ne sais pas si je fais une allergie ou quoi mais les boutons sont impressionnants.


J'espère que je ne vais pas en garder de cicatrices quoique ce matin en discutant de ça avec un papi, il m'a montré les traces sur ces bras de toutes les piqûres subies dans sa vie...ce n'était pas joli ;-(

Voilà,  c'est l'heure d'entamer notre grande descente vers le sud ...:-)

lundi 8 septembre 2014

Kakadu - 2 -

Kakadu suite

Après notre très belle journée avec Patsy nous nous sommes accordé une journée detente et piscine dans un agréable camping tropical au coeur du Kakadu car il faisait vraiment très chaud avec 37° sous le soleil.
Puis nous sommes reparties en remontant vers Ubir au nord du parc sans avoir oublié de visiter en chemin le très intéressant centre culturel aborigène de Warradjan. Très joli endroit qui présente les différentes croyances, modes de vie des aborigènes depuis des siècles et jusqu'à aujourd'hui,  le fonctionnement entre les différentes communautés,  leurs langages et modes d'expression tant musical que pictoral ou artisanal. On a retrouvé des traces sur les différents sites rupestres du parc d'un de leur mode d'expression préféré quand il s'agit d'y introduire une valeur pédagogique : conter des histoires au moyen de ficelles (à l'origine faites de cheveux) entre les doigts. On a tous jouer à cela enfant mais ici cela peut durer assez longtemps dans l'enchaînement des figures nécessitant parfois 3 ou 4 mains !

Photo d'une photo d'expo

Le Kakadu compte près de 5000 sites avec des peintures rupestres datant pour les plus anciennes de 20000 ans.
Les peintures sont assez fragiles, faites d'ocre sur des pans de roches généralement protégées naturellement d'un surplomb.


Les aborigènes des derniers siecles ne font plus de peintures sur roche car ils pensaient que ces peintures étaient réalisées par des Mimi sorte de petits génies. Les peintures que l'on peut voir sur le site d'Ubir datent environ de 8000 ans et sont assez variées. Elles représentent surtout des situations de la vie quotidienne ou marquent la capture de trophées dont le peintre est assez fier : crocodiles,  poissons,  oiseaux, tortues... Les peintures se superposent souvent au fil des ans car ce n'est pas tant le résultat final qui compte que le fait de peindre lui même.

L'image du bas extrait de l'image du haut la représentation de 2 femmes
racontant une histoire de crocodile avec les fameux fils entre les doigts (-5000 ans)
La technique utilisée varie au fil des ans mais il en est une assez caractéristique de l'art aborigène,  c'est celle qui consiste à peindre l'animal ou l'humain avec le détail du squelette et des entrailles etc...un peu comme une radiographie.

 
Le site d'Ubir permet également d'accéder à un très beau point de vue sur la partie marécageuse du parc et sur les plateaux des terres d'Arhnem vaste territoire de communautés aborigènes du nord australien. Cette vue est très apaisante et incite à la méditation dans une petite brise tiède ce qui ne gâte rien ;-)


Aujourd'hui,  les aborigènes peignent de très jolies compositions le plus souvent réalisées de centaines de petits points.  C'est très joli. L'artisanat est également axé sur le tressage de fils végétaux très minutieux et très long à réaliser. On vous en reparlera dans le prochain article.



En repartant vers Darwin nous nous sommes arrêtées à Cahills crossing site sur la East alligator river connu pour sa population de crocodiles (ou d'alligators ? Tiens je ne sais même pas la différence entre les 2, il va falloir que je me renseigne). Nous arrivons au niveau d'une rampe à bateaux faite de terre extra sèche et dure comme de la pierre. Face à nous 2 ou 3 crocodiles d'eau salée, les gros modèles assez agressifs au sujet desquels on nous bombarde d'avertissements tous les 50 mètres.


Il y en a un qui fait la navette d'une rive à l'autre,  on se tient à carreaux loin du bord.  Puis il repart s'installer sur la rive opposée.  Du coup je veux en profiter pour m'avancer un peu prendre quelques photos. Malheureuse que je suis ! La terre ultra sèche de la rampe à bateau se transforme en réalité en une vase dans laquelle je m'enfonce d'une bonne vingtaine de centimètres et dont je n'arrive pas à ressortir avec mes chaussures.


Moi je ne veux pas les laisser dans la vase donc j'insiste pour les extirper de là mais Fab, elle, n'a qu'une crainte c'est que le croc qui est dans mon dos ne profite de l'occasion pour retraverser le cours d'eau ! La pauvre, je crois bien qu'elle a eu peur !
Finalement,  rien de grave si ce n'est une bonne 1/2 h de nettoyage pour récupérer les tongues...je n'avais jamais vu de la vase aussi collante !

Voilà,  direction maintenant vers la grande ville de Darwin,  125000 habitants et plein de trucs à raconter dans le prochain article !


dimanche 7 septembre 2014

Kakadu - 1 -

Du 31 aout au 3 sept

Quittant nos crocodiles de Timber Creek nous voici reparties vers l'est sur la route menant à Katherine. Il est samedi, tout est fermé, nous visiterons ce coin sur notre route au retour quand nous redescendrons vers le sud. En attendant nous remontons vers le nord pour bifurquer à l'est à Pine Creek car nous visons Kakadu Park et un arrêt pour la nuit près de la cascade de Gunlom.
Kakadu Park est une zone de 100 km sur 200 km environ mixant une grande partie de bush arboré et au nord une grande zone marécageuse. C'est une région qui comprend une infinité de petites rivières qui à la saison où nous passons sont quasi toutes à sec mais qui innondent de grandes zones à la saison humide et de mousson.
Cependant, même en saison sèche le Park comprend de nombreux "billabong", des trous d'eaux mi douce/mi salée et qui à cette saison concentrent sur leurs bords une grande partie de la faune sauvage. Certains de ces trous d'eau bordés de mangrove sont vraiment très très grands et sont recouverts, pour certains, de fleurs de lotus.
Pour ce premier soir nous nous retrouvons en compagnie de très jolies oiseaux de couleur et...des mouches et moustiques. Je suis pour ma part assez résistante aux moustiques mais les mouches, ça c'est une vraie torture ! Heureusement je me suis équipée d'un filet de chapeau !


Le lendemain, expédition sur 40 km de route gravillonée à la cascade de Gunlom qui était à sec. Un pov petit filet d'eau faisait du goutte à goutte. Nous avons alors entrepris l'escalade de la petite falaise pour découvrir le dessus du décor à savoir 2 ou 3 petites piscines qui finissaient par alimenter le filet d'eau qui se jetait vaillamment dans le vide...


De très jolies autres cascades Jim Jim falls et Twins falls accessibles qu'en 4x4 étaient mentionnées sur nos guides. Même si des tours les proposaient à la journée ils étaient bien obligés d'avouer qu'en ce moment ce n'était pas terrible question débit. Du coup on n'a pas entrepris l'expédition mais avons choisi de passer 8 heures dans le bush avec Patsy et sa fille (ou soeur on n'a pas réussi à savoir), famille aborigène.

Patsy
Sur les coups de midi, avec 8 autres australiens et un chauffeur Tintin ranger nous sommes allées chercher Patsy et sa fille chez elle au milieu de la brousse.
Déjà,  première surprise : quand on quitte la grande route et qu'on s'enfonce dans cette immensité du bush on se trouve régulièrement à devoir prendre une piste à droite, à gauche, s'arrêter pour ouvrir une barrière,  la refermer etc...bref, il y a des traces de présence humaine partout.
Finalement nous arrivons chez Patsy et sa famille. Plusieurs petites baraques de tôle,  beaucoup d'objets de récupération pour une sorte d'activité de ferrailleur dirait-on, une voiture datant de la guerre qui est briquée et bien à l'abri du soleil, un beau tas de cornes et cranes de buffles qui ont bien blanchi au soleil (enfin, c'était pas fini pour tous mais je vous fais grâce des photos) et toute sorte de petits enclos dont on a pas bien compris l'utilité.


Patsy n'a pas un air très commode au premier abord, d'ailleurs sa fille non plus et si on y réfléchit bien c'est un peu le cas de tous les aborigènes. Ils ont toujours un regard noir qui fait un peu peur. Mais au final, il s'est avéré tout au long de la journée que Patsy était une grande rigoleuse mais quand on l'entendait rire on ne voyait rien se passer sur son visage...très très bizarre au début !
Même si au programme de la journée il était prévu de cueillir, ramasser dans le bush de quoi nous nourrir au dîner,  Patsy avait prévu par précaution 2 Baramundi (the poisson du coin), deux canards et quelques morceaux de buffles. Et nous voilà partis !


Nous avons d'abord rallié la mangrove où,  avec de longs piques, nous avons essayé de ramasser des moules de vase. Pas facile à repérer les bestioles mais bon, à 8 et avec l'aide de nos deux nouvelles copines on a fini par en avoir un petit panier.


Petit panier que nous avions fabriqué avec l'écorce d'un arbre "papier". Pour ceux qui suivent notre périple,  cela ressemble aux Niaoulis de Nouvelle Caledonie.  Les papertrees sont des variétés d'arbres dont on peut éplucher le tronc pour obtenir de très grandes feuilles assez souples et dont on fait multiples usages : des petits contenants, paniers, des nattes, des assiettes, des supports à peindre...


Notre ramassage de moules fait, nous avons arpenté le bush, croisant de ci de là des wallabies,  à la recherche de carottes du bush et comme elles ne sont pas bien grosses il en faut un paquet pour nourrir son homme et du temps le dos plié en 2 pour repérer la brindille sèche frisottée qui signale que 10 cm en dessous il y a une carotte ! Heureusement, pour se donner des forces on peut lécher des sortes de cochenilles blanches bien sucrées sur certaines feuilles d'arbres ou bien se rafraichir en mangeant des fourmis vertes qui ont un très bon gout citronné.



La récolte de carottes étant terminee,  nous avons fait le plein de branchages pour les feux du soir, de feuilles aromatiques pour assaisonner les grillades et repéré la strychnine du bush au cas où on aurait besoin d'empoisonner quelqu'un.

C'était pas le tout, les 17h approchaient et il nous restait à aller déterrer à coup de gros maillets des sortes de petites noisettes emprisonnés dans la mangrove tellement sèche qu'on aurait dit de la pierre. Franchement fallait de l'huile de coude sur cette affaire là,  j'en ai débusqué que 5 :-(

Et voilà,  les provisions étaient faites, on aurait jamais cru qu'on pouvait trouver tant de choses à manger dans ces terres pas très accueillantes et parfois sinistres tant elles sont noires. Car on vient de comprendre que tous ces feux de bush qui nous poursuivent le long de la route sans qu'on voit jamais aucun pompier, sont des feux d'entretiens déclenchés selon des méthodes bien précises par les bush peoples (ici ils parlent des bush peoples et non des Aborigènes).


La lande de terre où nous allions établir le campement pour le dîner du soir était au bord d'un trou d'eau où des milliers de canards et oiseaux en tout genre, dont la grue Bolgra que j'adore,


étaient déjà installés à se raconter leur journée. ..un vacarme extraordinaire !

De notre côté pas de temps à perdre,  il fallait lancer les feux et le ranger Tintin m'a époustouflée en allumant le feu en frottant une tige de bois contre une autre et tout ça en 1 mn chrono...j'ai essayé de le faire mais non, je ne suis pas prête pour Khô lan ta :-)


Fabienne a plumé un canard,


Tintin nous a fait du pain en 3 minutes et l'a fait cuire sur la braise sous de la cendre,


canard, Baramundi et buffle ont grillés avec des patates douces tout autour. ..


En attendant que tout soit prêt j'ai tenté d'extraire de différentes feuilles des fils végétaux qui tressés en cordelettes servent à faire les différents paniers tresses aborigènes.  C'est très joli mais très long à faire et pas facile du tout !

Au final tout était excellent, vraiment très bon, parfumé et fumé.  Nos récoltes de l'après midi étaient assez bonnes même si on n'a pas osé manger des moules qui étaient grises et pas très appétissantes.

Et pendant que nous mangions le soleil s'est couché en nous donnant encore une fois un spectacle éblouissant. Le reflet sur l'eau et les fumées des feux de bush dans le ciel donnaient vraiment l'impression qu'une aquarelle se peignait sous nos yeux.




Nous avons tout rangé et sommes repartis en laissant, à notre grande surprise... les feux flamber.


Sur la route qui la ramenait chez elle, Patsy nous a raconté son histoire et celle de sa famille...malheureusement nous n'avons rien compris...